Alors voila une petite introduction. Hum, hum :
Oye ! Oye ! Braves Lecteurs !
Vous êtes sur mon blog : Mon bazar d'histoires !
Ici, je publierai des nouvelles et des 'romans' plus ou moins avancés ! J'espère que mes histoires vous plairons ! N'hésitez pas à me contacter pour me poser des questions ! "Bonne lecture ! "

Affichage des articles dont le libellé est Nouvelles. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Nouvelles. Afficher tous les articles

4 janv. 2012

Et voilà une nouvelle pour le début de cette année 2012


Il n'y a pas d'amour heureux

Rapidement, elle traversa le salon et se rendit dans la chambre à coucher. Il était là, voûté sur sa table de travail, tremblant comme un enfant à qui l'on allait donner sa punition.
« Je ne pensais pas que ce jour pourrait avoir lieu, annonça-t-il, avec tristesse et détachement. »
Il se leva avec une extrême lenteur. Les mains fébriles, les yeux exorbités et injectés de sang, la tête basse, il n'était plus que l'ombre de lui-même. Il n'était plus rien. Elle lui prit le bras avec cette précipitation qu'ont les personnes qui veulent « bien faire ».
« Au salon, murmura-t-il, morne. »
Elle l'emmena doucement, comme une infirmière le ferait avec un patient. Il s'assit dans le canapé. Elle se mit à genoux devant lui et le regarda avec une extrême tendresse. Il lui caressa les cheveux, comme il aurait pu le faire avec sa chienne. Comme une proie aux aguets, il se redressa et appela son animal. La belle chienne accourut, langue pendante. La femme fut presque jalouse de ce pelage soyeux et de ce regard vitreux tant il aimait son animal. Il avait retrouvé l'envie de poursuivre sa mission lorsqu'il se souvint que tout était fini. Il n'y avait plus de temps à perdre. Il se leva avec conviction.
« Nous y sommes. »
Il ouvrit le tiroir d'un de ses buffets et en tira un revolver. Assise par terre, elle frissonna à la vue de l'éclat noir. Il chargea l'arme avec cette même lenteur commune à chacun de ses faits et gestes. Au bord de l'hystérie, elle lui arracha l'instrument de mort et termina de le charger avec l'habileté et la rapidité d'une experte. Elle lui rendit le pistolet et reprit sa place : au sol, à côté du canapé. Elle admira les garnitures blanches en forme de fleur de son vêtement. Elle épousseta sa robe bleue foncé de quelque matière invisible.
« Tu es nerveuse ?
-Qui ne le serait pas ? »
Elle respira avec précipitation. Elle sortit un chapelet de sa poche. Il leva les yeux au ciel, méprisant. Elle le manipula frénétiquement en murmurant une langue inconnue aux oreilles de l'homme. Elle ouvrit la croix de son chapelet et en sortit une minuscule pastille immaculée.
« C'est Lui qui t'offre ce poison ?, ricana-t-il.
-Ne plaisante pas avec ça s'il te plaît, rétorqua-t-elle, les yeux assassins. »
La chienne vint lécher la figure de la femme. Elle la repoussa avec ardeur :
« Et dit à Blondi de sortir d'ici ou tue-la !
-Oui, d'accord. »
Il caressa une dernière fois derrière ses oreilles, son endroit favori et il tira un seul coup dans le crâne de la chienne, qui tomba délicatement à ses pieds. La femme mit ses mais devant sa bouche et poussa un cri. Elle détestait la vue du sang, cruelle ironie.
« Tu n'étais vraiment pas faite pour être ma femme.
-Mais je l'ai été, et je le serai jusqu'au bout. »
Il vint s'accroupir près d'elle et l'embrassa. Le contact de la moustache la fit frissonner, comme toujours. Elle caressa la mèche de l'homme avec la délicatesse d'une mère.
« Fais-le, ordonna-t-elle, avec une vigueur rare dans sa voix cristalline. »
Il s'allongea avec avec parcimonie sur le sofa. Elle détourne la tête. Le coup de feu résonna dans le bunker. Elle prit son comprimé de cyanure qu'elle croqua. Une douce chaleur investit son corps comme une gangrène agréable. Cette sensation se transforma en brasier. Chacun de ses organes éclata, chacun de ses muscles se disloqua, chacun de ses tissus brûla. Elle lâcha son chapelet dans un sursaut de douleur. Elle se recroquevilla comme un fœtus. Elle sourit. Elle allait mourir avec son amour. Mourir avec son ange. Avec son ange de mort. Elle réussit à articuler ce qui furent ses dernières paroles :

« Seigneur, accueillez une femme qui a toujours aimé son mari, qui l'a toujours suivi dans l'ombre, toujours accompagné dans ses peines, dans ses doutes. Accueillez une femme si aimante, si aimante d'un homme haï par le monde entier. Accueillez Eva Braun. Eva Braun-Hitler. »

9 mai 2011

Une nouvelle à chute !


Voila une nouvelle à chute, les Killit sont en attente pour l'instant ! Désolé pour le gros blanc ! ^^

Un examen comme un autre…

Lily-Rose s’allongea sur le lit. Comme lors d’un examen médical, elle retira son pull en cachemire. Elle posa sa tête sur le matelas fin, inconfortable et grumeleux. Sa respiration était rapide, elle stressait. Elle regarda autour d’elle. Une pièce blanche, impersonnelle, comme chez son médecin traitant. Un éclairage jaunâtre accentuait les ombres effrayantes de la pièce. Aucune fenêtre, par souci de sécurité bien sur. Les murs étaient défraichis. Au sol, le béton n’avait pas l’air d’avoir été lavé depuis des années. Son regard se porta sur le plafond. Du contreplaqué. Charmant. Elle leva les yeux au ciel. Elle n’aurait jamais pensé se retrouver ici un jour. Mais elle y était. Elle regarda sa montre. 16h26. Ses enfants devaient jouer dehors, aux boules de neige à cette heure. Jack et Rose. Ses deux petits bambins adorés… Elle pensa aussi à son mari. James. Subitement, elle l’ôta de ses pensées. Il lui avait fait suffisamment de mal. Elle devait le supprimer de sa mémoire, pour toujours. Le bannir. Un bruit la fit sursauter sur son lit mité. Une porte tachée s’ouvrit sur un homme. Un homme vêtu de blanc. Une blouse vieillotte. Différente de celle des médecins ordinaires. Elle le fixa d’un regard las. Après tout, il n’y pouvait rien. Il se posta à côté d’elle et lui sourit. Un sourire profondément triste, comme lorsque l’on vous annonce une mauvaise nouvelle. Elle aussi lui sourit, un sourire compatissant. Il lui demanda d’ôter ses gants. Oter ses gants ! Ses si précieux gants ! Elle leva des yeux implorants sur l’homme. Il la regarda sévèrement. Elle acquiesça enfin. D’un geste assuré et gracieux, elle retira ses deux somptueux gants de soie fine. Ses mains étaient aussi blanches que deux colombes au zénith. Une larme coula sur la joue de Lily-Rose. Les marques rouges autour de ses poignets lui rappelaient tant d’affreux souvenirs. L’unique goutte d’eau tomba dans un PLOC assourdissant. Des ses doigts de porcelaine, elle essuya sa joue. Elle leva les yeux sur l’homme. Son œil la lançait encore à cause du bleu.  L’homme enfila deux gants. Des gants si grossiers comparés à ceux de Lily-Rose. Néanmoins, ceux de l’homme était propres et stériles. Au contraire, ceux de la femme était criblés de tâches rouges indélébiles. La femme regarda une dernière fois la pièce autour d’elle. La Constitution y était accrochée en long, en large et en travers. L’homme fit oui de la tête. Elle sanglota. L’homme soupira. Puis, il prit la seringue et piqua Lily-Rose.
                Cette affaire fit beaucoup de bruit au Texas. Une femme condamnée à mort à cause du meurtre de son mari alors que celui-ci la battait. Lily-Rose, trente-deux ans avait été exécutée par injection létale le vingt-cinq décembre. Elle clôturait le bal macabre des peines de mort cette année-là. La loi était implacable au Etats-Unis, même lorsque le Père Noël livrait ses cadeaux.

31 déc. 2010

Et hop ! Une autre nouvelle à chute ! La prochaine fois : le chapitre 4 des Killit ! Et, au fait !Bonne année !

Fontaine
Tom courut se cacher. Cela ne faisait que quelques secondes que Lina comptait. Tom savait où se cacher. Il traversa plusieurs chemins et passa à travers une haie gigantesque. Il était enfin arrivé au sublime jardin de Miss Daloway. Miss Daloway vivait là depuis bien longtemps. Quand les grands-parents de Tom avaient emménagé ici, il y a de cela 50 ans, la Miss était déjà présente. On ne la voyait jamais cette Miss Daloway, elle s’occupait de tout elle-même et se faisait livrer. Son jardin était somptueux et d’une pureté inégalable. Pas un millimètre de gazon ne dépassait, les haies étaient droites comme des i. De magnifiques roses ponctuaient le jardin grâce à des touches colorées. Des papillons virevoltaient ici et là, butinant de concert avec les abeilles. Une douce brise vint caresser le jardin. Toute cette nature n’était qu’un avant-goût. Le plus beau ici, c’était la fontaine. Une extraordinaire fontaine en marbre rose. Elle déversait de l’eau aussi pure que du cristal. Son chant parfait ravit les oreilles du jeune homme. Il ne pût s’en empêcher : il s’approcha de la fontaine à pas de loup.
Il allait boire une gorgée de cette eau si belle lorsqu’il reçut une gifle monumentale. Il ressentit une douleur intense à la joue et s’écrasa au sol comme un pantin.
Tom allait protester lorsqu’il vit la beauté de la femme devant lui. Elle était très grande, 1m75 environ. Elle possédait des yeux d’émeraude et des cheveux d’ébène. Lorsqu’elle sourit, la blancheur de ses dents l’éblouit. Elle avait des traits fins et purs, un nez aquilin et retroussé. Elle portait à merveille une robe-boule framboise. Avant de parler, elle saisit un petit peu d’eau dans sa main et en but une gorgée. Puis, elle s’interposa entre la fontaine et le garçon et s’excusa de l’avoir giflé. Elle l’invita alors à rentrer. Elle se présente comme Amélia, petite-fille de Miss Daloway. Le jeune homme la suivit docilement, elle était si belle. Ils entrèrent dans la maison vieillotte. Des bibelots recouvraient entièrement les murs. Tom put apercevoir que la plupart de ceux-ci étaient des vieilles photos. Des photographies représentant de jolies femmes. Il demanda où se trouvait Miss Daloway. Elle rétorqua qu’elle était sortie. Arrivés dans une cuisine archaïque, le jeune homme s’assit. Il but une tisane et se détendit.
Soudain il eut une appréhension. On lui avait dit que Miss Daloway n’avait pas de famille. Qui était donc cette femme ? « Bonne nuit ! » annonça une voix derrière lui. Trop tard : une douleur lui traversa le crâne et ce fut le noir complet… La femme essuya la casserole avec laquelle elle avait assommé le jeune garçon. Puis elle le tira en dehors du jardin et le laissa dans un champ. Il ne se souviendra de rien grâce à la tisane !
La femme s’assit au bord de la fontaine et se regarda dans le reflet. A cause de cette cracheuse d’eau, assommer des fouineurs devenait une habitude. Si seulement elle n’avait jamais bu dans cette fontaine aux pouvoirs extraordinaires ! Elle n’aurait pas eu à porter ce secret si lourd. Cela ne lui causait que des ennuis. Elle voulait juste être jeune et belle ! Miss Amélia Daloway se leva, donna un coup de pied dans la fontaine et repartit en grommelant : « Maudite fontaine de jouvence ! »

28 déc. 2010

Voici une nouvelle à chute fantastique ! Faites bien attention aux détails !

Iris
Il arriva enfin dans la grande verrière. Des cernes grandissantes menaçaient ses yeux de tomber. Il venait de faire dix heures de route. Il se trouvait enfin en Italie. Malgré l’excitation, il ne put s’empêcher de bailler. Son regard se porta sur les oiseaux majestueux et leurs couleurs flamboyantes. Des paons hurlaient des « Léon ! » tonitruants, des perroquets jactaient de tous les côtés. Un bruit de talon lui parvint aux oreilles, il se retourna. Une sublime jeune femme vint l’accueillir. Un drôle de sentiment l’envahit. Cela ne faisait que trois ans qu’Iris était morte. Cette femme lui rappelait tellement sa défunte épouse. Il refoula un sanglot envahissant. La femme l’aborda et se présenta : Arianna Astrubale, directrice du Giaggolo Hôtel. Elle sourit, un fabuleux sourire. Elle possédait des boucles d’oreilles dorées en forme de papillon. Elle portait à merveille un tailleur sombre et sophistiqué. Elle remit sa mèche brune d’un revers de la main. Elle fit un signe pour le conduire à sa chambre. Ils montèrent ensemble quelques étages dans un ascenseur luxueux. Ce moment passé avec cette femme inconnue fit remonter en lui des souvenirs qu’il avait tenté, en vain, de refouler. Il se revit, avec Iris. Elle, dans son lit d’hôpital. Lui, à son chevet. Il lui avait tenu sa main de porcelaine. Malgré ses joues creusées et ses cheveux courts, elle était aussi belle qu’au premier jour. Elle lui avait sourit une dernière fois. Un sourire sans faille, pas une santé sans faille. Son cancer du sein l’avait emporté quelques jours plus tard. Il était resté seul. Jusqu’au jour où, dans un excès de solitude, il avait décidé de fuir Paris pour l’Italie. Il était arrivé ici, à Rimini. Il avait décidé de rejoindre Iris à cet endroit. Le lendemain, il irait se jeter dans l’Adriatique. Mais d’abord, il lui fallait une nuit de sommeil. Ses pensées revinrent au Giaggolo Hôtel. Il regarda la jeune femme à côté d’elle, elle ressemblait tellement à Iris ! L’ascenseur émit une petite sonnerie discrète. La porte s’ouvrit sans bruit. La directrice l’invita à rentrer dans la chambre. Celle-ci était somptueuse. Or et tissus rares la composait. Mme Astrubale repartit avec mille courbettes. Il s’affala sur son lit duveteux. Enfin, un lit confortable. Il ferma les yeux…
Il se retrouva dans la verrière. Aucun bruit. Les oiseaux dormaient. Brusquement, une lumière aveuglante inonda le verre pur.
Une silhouette apparut. C’était la source de cette lumière. Une silhouette féminine. Des ailes grandioses se déployèrent. Des cheveux aussi noirs que la nuit poussèrent sur la tête de l’entité lumineuse descendirent le long de son corps somptueux. Une longue robe argentée l’enroba. Des boucles d’oreilles en forme de fleur prolongèrent ses lobes dorés. L’ange s’approcha de l’homme. Son visage irradiait les oiseaux et les végétaux d’une lumière sublime, si bien que les fleurs fleurirent et que les oiseaux rechantèrent, comme en plein jour. Il recula de quelques pas, c’était Iris, il en était quasiment sur. Les cheveux de l’ange volaient dans tous les sens en formant une auréole. L’ange frappa dans ses mains. Le temps se stoppa. Les oiseaux restèrent figés en l’air. L’ange déposa un baiser sur la bouche de l’homme et disparut en une explosion de couleurs parfaites.
Le soleil illuminait la chambre fabuleuse. Il ouvrit les yeux, en sueur. Il regarda autour de lui, sa chambre était la même que la veille. Il était tourmenté. Avait-il fait un rêve ? Tout cela était-il vrai ? Iris lui avait-elle fait signe, pour ne pas qu’il se suicide ? Il était convaincu que c’était Iris. Il allait payer sa chambre et repartir à Paris, il fallait qu’il rejoigne la tombe de sa femme, pour en être sur.
Il descendit les cinq étages. La directrice l’accueillit avec un sourire différent de la vieille. Un  sourire compatissant, presque intime. Elle tortilla une mèche de ses cheveux si sombres. Elle portait une longue robe argentée, et des boucles d’oreille en forme de fleur.

16 déc. 2010

Voila une autre nouvelle ! Si vous voulez le nouveau chapitre des Killit, ce sera le message suivant !

Charmeuse
D’un regard assuré, elle fixa l’inspecteur. Celui-ci était visiblement troublé. Normal, elle fascinait les hommes. Il faut dire qu’elle s’était particulièrement faite belle pour l’interrogatoire. Elle avait enfilé sa plus belle tenue. Une mini jupe et un t-shirt verts émeraude tous deux, faisant ressortir l’extraordinaire, presque artificielle, rousseur de ses cheveux. Elle en avait charmé d’autres, de toute façon. Celui-là n’en était qu’un de plus sur la liste des séduits. Mais elle avait encore du travail. Il fallait qu’elle s’innocente à présent. Elle entama la phase « de séduction intensive ». Elle cligna des yeux plusieurs fois de suite. Ces cils formaient une délicate ligne invisible tandis que son eye-liner lui donnait des airs de Cléopâtre à son plus jeune âge. La couleur noisette de ses yeux était somptueuse. Elle usa d’un mouvement de lèvres pulpeuses ravageur qui étonna l’enquêteur. L’espace d’un instant, un doute vint fissurer son visage cristallin. Ce ne fut que l’affaire d’une demi-seconde, mais elle savait qu’elle était inoffensive sans son charme. C’était son meilleur atout. Elle se reprit donc. Elle en avait vu d’autres. Elle tortilla une mèche de ses longs cheveux en minaudant avec tous ses atouts. Elle répondit machinalement aux questions, comme souvent. Oui, non, non, oui, oui… L’interrogatoire était monotone. Pour briser l’ennui, elle sourit. Ses dents étincelantes brillèrent d’une blancheur étrange, comme si elle portait un artifice dans sa bouche si fine. L’homme prit un air surpris, encore. Les sourcils de la femme s’arquèrent gracieusement. Toute sa vie elle s’était entrainée pour cela. Arrivera-t-elle à l’apprivoiser celui-là ? Après quelques minutes de minauderies toujours plus fines et délicates les unes que les autres, elle réussit enfin à le mettre dans sa poche grâce à des sanglots bien placés. Cela faisait longtemps qu’elle savait pleurer sur commande, depuis son plus jeune âge à vrai dire, c’était un peu son métier. Ses épaules montaient et descendaient avec des mouvements si gracieux qu’une danseuse étoile en rougirait. Ses mains manucurées cachaient son visage, son visage creusé pour je ne sais quelle raison. Puis, elle leva les yeux sur lui. Son regard l’avait percé à jour. Il était sous son contrôle. Il semblait visiblement attristé de l’avoir fait pleuré. Il annonça, en se levant :
« Vous n’êtes pas la meurtrière Mrs Kingsley, j’en suis convaincu. Rentrez chez vous, cela vaudra mieux. Pardonnez-moi de la peine causée. Et… Toutes mes condoléances pour votre mari.»
Intérieurement, elle rit. Encore un imbécile qui tombait sous son charme ravageur. Encore. Elle ne comptait même plus ceux qu’elle avait bernés. Mais contrairement à ses treize anciens maris, lui ne mourrait pas. Elle tuait seulement ses maris, c’était son boulot. Elle ne tuait pas les enquêteurs tout de même. Elle n’était pas folle, sénile encore moins !
                Jean Drilsson regarda une dernière fois le visage de la femme, avant qu’elle ne parte. Il ne vit pas sa peau sèche et tachée, ses cheveux colorés et secs, ses multiples rides et ses vêtements tapageurs. Il n’entendit pas sa voix usée. Il ne sentit pas son odeur de renfermé. Il ne vit que ses yeux. Il n’avait jamais vu d’aussi beaux yeux dans toute sa carrière. Surtout sur une femme de 95 ans. Après tout, que pouvait faire cette gentille grand-mère, tuer son mari peut-être ? Jean en doutait fortement.

12 déc. 2010

Voici une autre nouvelle à chute. Je ne vous en dis pas plus ! Lisez, c'est rapide !

Rouge

            Il ouvrit ses yeux. Le soleil pâle l’éblouit quelques instants. Il n’avait pas de rideaux pour le filtrer, de toute façon sa famille était trop pauvre. Il s’habitua enfin à cette lumière blafarde. Il était déjà quatorze heures mais il venait à peine de se réveiller. C’était sa mère qui se tenait devant lui, les mains sur les hanches. Comme tous les jours, il devait aller chercher de l’eau au puits. Le petit garçon, âgé de 9 ans, se leva et sortit de la mansarde, un froid sibérien, c’est le cas de le dire, l’assaillit. Il grelotta sous ses haillons, mais il avait l’habitude de grelotter. C’est qu’ils n’étaient pas bien riche, lui et sa famille. Le froid russe les envahissait tous les hivers et la chaleur tous les été. Le puits n’était pas gelé, mais presque. Il regarda au fond. Une légère pellicule de glace se formait à la surface. Il se dépêcha donc. Quelques minutes plus tard, il revint avec un sceau gorgé d’eau. Le petit interrogea sa mère du regard. Où était son père ? Sa mère n’eut pas le temps de répondre que la porte miséreuse s’ouvrit dans un bruit sourd. L’homme qui entra était ivre, très ivre. Il titubait. Il regarda sa femme avec un air vicieux. Il fonça sur celle-ci et lui asséna une gifle monumentale. La mère du petit s’écroula, telle une poupée de chiffon. Le petit garçon hurla et essaya de taper son père. Celui-ci ne s’en soucia même pas et le fit tomber à la renverse d’un revers de main. Il prit sa femme par les cheveux et l’emmena dans la pièce parentale. Le petit garçon saignait de la lèvre. Il courut se réfugier dans sa chambre et pleura. Il voulait être plus fort que son père. Pour le battre et sauver sa maman. Il entendit des cris dans l’autre chambre, il ne pouvait rien faire. Il se décida quand même à tenter quelque chose. Il courut et fonça dans la porte qui s’ouvrit immédiatement. Il vit sa mère par terre, sanglotant.
« Joseph ! Sors d’ici ! hurla-t-elle. »
Le petit garçon reçu une autre claque. Il s’écroula encore une fois et entendit sa mère hurler…
Plus tard, à l’annonce de la mort de sa mère, Joseph repensa à ce triste moment de sa vie. Ekaterina, cette femme pourtant si forte, sa mère, était morte. Il n’avait pas le temps d’aller se recueillir sur sa tombe. Il ordonna que l’on envoie une couronne sur celle-ci, il lui devait bien cela. Il se retourna vers la place. Des drapeaux rouges étaient plantés dehors. Des gigantesques drapeaux où son visage était dessiné. Il sourit. Si son père voyait cela. Sur son passage, les gens le regardaient avec un  mélange de frayeur et d’admiration. Remarquez, ne s’appelle pas Joseph Staline qui veut.

8 déc. 2010

Une nouvelle ? En voila une à chute ! :

Petite
                Elle traversa la gigantesque plaine herbeuse. De ses petits pieds fins, Doujana, avançait rapidement. Elle surmontait tous les obstacles, les mottes de terre, les petits creux… Il faut dire que le terrain n’était pas très praticable. Le sentier n’avait pas été refait depuis longtemps. Elle allait demander à ses amis de le refaire. Elle les aiderait volontiers mais ce n’était pas son travail. Elle, elle devait rapporter de la nourriture à sa famille. De la nourriture pour sa famille si nombreuse. Doujana était noire. Elle avait une peau aussi noire que la nuit. Ses petits yeux étaient fins et espiègles. Sa taille était fine et svelte. Elle n’était pas très grande non plus. Ses jambes étaient aussi fines que des brindilles, plus fines même. Elle était jeune, très jeune, c’était la petite dernière de la famille. Pour l’instant ! Sa maman attendait déjà un autre frère ou une autre sœur. Notre minuscule Doujana portait une masse. Une énorme mie de pain était sur son dos. Elle ne savait pas exactement ce que c’était. On lui avait dit, chez elle, que cette  mie de pain  était très bonne. Très nourrissante.  Alors, contente et fière, elle allait l’apporter chez elle. Elle se dit qu’elle avait eut de la chance de trouver la mie de pain. Ses yeux de lynx l’avaient découvert à l’intérieur d’une gigantesque architecture d’acier. Elle n’avait pas eu le temps de la reconnaitre, elle fut dans l’obligation de la prendre. En effet, un bruit assourdissant de choc métallique avait éclaté. Elle ne savait en aucun cas ce que signifiait ce bruit de mort, ce bruit semblable à la fin du monde. Son cœur avait bondit. Elle avait saisi la mie de pain avec hâte et était partie. En ce moment même, la maison était proche, sa grande maison. Sa maison construite en terre fraiche. Rénovée si souvent. En chemin, elle rencontra deux des ses si nombreuses cousines. Elles ne se saluèrent pas. Même pas un bonjour. Ces deux cousines là, Doujana ne les aimait pas de toute façon. Pourtant, leur famille était très soudée. Ils étaient si nombreux. Doujana ne comptait même plus le nombre de cousins et de cousines qu’elle possédait ! Des centaines, peut-être même des milliers ! Doujana n’avait pas la notion des nombres, elle n’allait même pas à l’école.
Brusquement, elle entendit un autre affreux bruit. Quelques secondes plus tard, ses deux cousines hurlèrent. Elle crut que la terre allait se dérober sous ses pieds. D’ailleurs, la terre tremblait.
A chaque BOUM, Doujana sautait sur place, ou trébuchait. Elle courut aussi vite que ses petites jambes le lui permettaient. Finalement, elle ne trébucha pas et ne buta pas contre les mottes de terre. Elle pensa une dernière fois à sa gentille mère… Sa gentille mère qui enfantait si souvent, et qui ne s’occupait jamais d’elle. Elle ne pouvait pas penser à son père, de toute façon, elle n’en avait pas. Elle se demanda si sa mère aurait été fière d’elle si elle était rentrée chez elle ce soir. Pourtant elle n’arriva pas chez elle ce soir-là. Une ombre l’enveloppa et un BOUM final résonna. Doujana ne bougeait plus. La mie de pain roula à côté d’elle.
Rose était heureuse. Enfin, elle avait trouvé la bêbête qui avait pris son appât. La mie du pain du midi dont elle se servait pour attraper son premier animal. Maintenant elle avait écrasé cette vilaine fourmi voleuse et deux de ses copines qui devaient aussi être des chapardeuses.
Elle se retourna avec la petite mie de pain dans la main, ouvrit la cage que la fourmi avait fermée et la replaça à l’intérieur. Puis, elle sourit, contente de son exploit.